11/12/2012

Une mauvaise expérience en milieu hospitalier

 

            Depuis 1991, année où lieu l accident qui me rendit paraplégique, je me réalisais beaucoup à travers le sport en fauteuil roulant. Les multiples marathons auxquels  je participais alors me donnaient beaucoup de joies, de satisfactions et me faisait oublier un peu mon handicap. 

 

            En 2000, suite à un petit problème de santé, mon Médecin traitant m’orienta vers un spécialiste chirurgien.  Persuadé que devant subir une petite opération des hémorroïdes bénigne,  je ne resterai pas longtemps hospitalisé, j’ai donc opté pour la solution de faire effectuer celle-ci en clinique privée. J’y suis donc arrivé la veille en fauteuil roulant bien sûr. 

            Une infirmière ou aide soignante a procédé à l’entretien d’accueil et à diverses prises de sang  et préparations – Elle a vu que j’étais en fauteuil roulant mais n’a jamais posé de question….Néanmoins, tout se passait bien, sans problème – Hormis les techniques de préparation à l’intervention, on ne m’a pas proposé de douche ! 

            Le matin, après la piqûre pré -opératoire, on m’a transporté vers le bloc. On m’a installé sur la table d’opération et on m’y a laissé seul,  la peur au ventre,  pendant plusieurs minutes durant lesquelles j’ai entendu deux personnes (anesthésiste et chirurgien) se  disputer  et s’insulter violemment. 

            Puis, tout en continuant à vociférer contre le chirurgien, l’anesthésiste me dit à plusieurs reprises et méchamment  …. «  bougez vos jambes…… »

Je tentais vainement de lui dire …. «  mais…je ne peux pas……je suis handicapé !..... »

….. «  je m’en moque……je vous demande de bouger vos jambes !!!!!!!..... » 

puis,  le sommeil me gagna et ce fut le trou noir….. 

            Tout à son contentieux avec le chirurgien l’anesthésiste ne s’est pas  rendue compte qu’elle avait devant elle un patient handicapé moteur. 

            Quelques heures après, de retour dans ma chambre et me sentant très très mal,  je soulevais le drap et m’apercevais alors que je baignais dans mon sang sans que personne ne s’en aperçoive……Après avoir réussi tant bien que mal à attraper la sonnette, j’appelai à l’aide puis…je m’évanouis ! 

            Dans les heures qui suivirent, je fus transporté à deux reprises au bloc. Affaibli par des hémorragies successives, je ne conserve de cette période qu’un vague souvenir…… 

 

            Deux jours après cette intervention durant lesquels je reçu plusieurs poches de sang, le Chirurgien me signifia ma sortie sans me demander quelles étaient mes conditions de vie et de retour à domicile (célibataire, je vis seul…..). 

            Je suis donc rentré avec mon véhicule stationné sur le parking de la clinique et je suis reparti chez moi tant bien que mal….. 

 

            4 jours après, je refaisais une hémorragie à domicile et me vidai de nouveau….On me transporta au C.H.R. Arrivé aux urgences, je perdis connaissance…….Après être passé de nouveau au bloc, on me transféra dans un état second dans une chambre à deux lits. Puis dans les heures qui suivirent, un interne vint à mon chevet, posa quelques questions, m’examina et résuma ma situation en ces termes….. « votre vie va se résumer à venir aux urgences chaque semaine !!!! » 

            Mon voisin de lit, interloqué me souffla … »tu te rends compte de ce qu’il t’a dit ?…. » 

……oui….mais si c’est la vérité….. (vécue comme une fatalité…..) 

            J’étais personnellement dépassé par ce que je vivais, j’étais perdu…désorienté….apeuré….seul !!! 

            Je suis resté hospitalisé une dizaine de jours au cours desquels je racontais à l’infirmière chef mon vécu médical et l’attitude odieuse de l’anesthésiste à mon égard  dont je conservais encore en tête l’attitude méprisante et méchante  De plus,  le pronostic très négatif donné par l’interne au niveau de ma santé m’angoissait terriblement. 

            Elle me promit  alors qu’elle chercherait les causes de ce problème spécifique de santé  et d’y apporter la solution pour y remédier de façon définitive. Elle ne voulait pas me laisser sortir sans avoir retrouvé un minimum d’autonomie sous surveillance médicale optimale.

 

CONCLUSION

 

            De cette expérience, le plus difficile à vivre a été d’avoir sa propre vie entre les mains de certaines personnes « soignantes » peu respectueuses du patient, qui plus est  handicapé, démuni et  totalement dépendant physiquement. 

            Il y a eu là un manque évident de respect,  et une atteinte à ma dignité par  ces personnels soignants. 

            C’est un passage de ma vie que j’aimerai oublier mais cela m’est impossible. 

FD

 

 

 

 

 

 

07/12/2012

rectif à la note sur la maternité

pour accéder à la vidéo (relayée par Faire Face), le plus simple est de taper

Handicap et maternite

dans la liste vous trouverez : handicap et maternité, un film pour briser le tabou

C'est court, donc ça donne envie d'en entendre plus ! Jamis Bond

parents ? pourquoi pas !

Je me souviens de notre indignation quand notre groupe a abordé les expériences de désir de maternité et de maternité. Quatre femmes se sont souvenues des difficultés à surmonter pour aller jusqu'au bout de leur projet car face à elles il n'y avait que négation, au mieux perplexité, au pire absence de soutien et d'aide tant matérielle que physique. Il était pour elles, handicapées,  aberrant, sans oser dire contre nature de vouloir être mère.

Alors qu'on on lit la présentation dans Faire Face de novembre 2012 (pp. 53-54) de Béatrice, sage -femme et handicapée, on a envie de dire OUF! et d'applaudir.

La démarche "Handicap et parentalité" est encore rare, mais elle ne peut que se propager car les jeunes en désir d'enfants montrent beaucoup de détermination.  Allez sur l'adresse suivante pour voir la vidéo faite par Pasteur-Mutualité et MNH :

http://www.faire-face.fr/archive/2012/02/14/handicap-et-maternite-un-film-pou-bousculer-le-tabou

Ce que dit Béatrice : Certes, la femme en situation de handicap est une personne comme une autre, mais elle a une singularité et des besoins spécifiques qu'il convient de prendre en compte. Pourtant, en voyant qu'elle n'arrive pas à grimper sur la table d'examen, certains gynécologues ne se préoccupent même pas de savoir comment elle se débrouillera le jour de l'accouchement.

Là tout est dit : standardisation des comportements, manque de délicatesse ou d'humanité ...

Bonne lecture, bonne vidéo. On attend vos réactions.

Jamis Bond

14:54 Publié dans maternité | Lien permanent | Commentaires (0)

04/12/2012

Un AVC qui révèle qui sont les affreux

 

Deux extraits du roman : LES AFFREUX de Chloé SCHMITT. Albin Michel 2012

En pensant à vous à qui on oublie de donner la parole

 

Maintenant Clarisse doit se charger de tout : retraite anticipée peut-être, pension et je ne sais quoi encore. A vrai dire personne n’a jugé bon de me tenir au jus. Le fric exige d’être bien vivant. J’étais au bout.

………

Ca leur venait en démangeaisons, me réveiller. A toute heure je somnolais, après un AVC…. – Bougez le pouce !... Un petit effort…Allez…C’est quoi sur l’image… Là !…Regardez !...Je bronchais pas, je me rendormais. Ils ont  vite compris que j’étais pas dans le coup. Ils me calculaient idiot. Pause-café, ils ont déserté ma chambre.

Régulièrement des ventres plus ou moins mous s’écrasaient sur mon visage pour changer ma perf. Je devinais sous le tissu leurs mollets, des mollets impatients, tendus vers demain et demain encore. Ils avaient leurs jambes eux, alors faut les comprendre, ils couraient.  … Ils entraient dans ma chambre comme pour mieux en repartir, tout juste assez professionnels pour qu’on les oublie. Quand même leur valse commençait par me bouffer. A force de nous fréquenter nous,  demi-morts, ils se croyaient bien vivants. Je les observais ronger, à coups de talons, le lino et les secondes. Chacun de leur pas creusait un peu plus ma peine.

Jamis Bond

 

20:21 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0)

03/12/2012

Leçon d'accessibilité en direct

Hier, réunion des anciens élèves de l'école qu'a fréquentée mon mari. Il avait proposé d'interveniir sur le handicap.

Un restaurant "accessible" avait été retenu puisque mon fauteuil  électrique et moi devions être présents... Effectivement j'entre facilement dans la 1ère salle, mais comme nous sommes nombreux, la restauratrice nous indique une plus grande salle séparée par... 2 marches : "j'ai pensé qu'on pourrait vous aider..." Elle avait pensé, a-t-elle dit à un fauteuil manuel. "Alors on va vs faire passer par derrière mais il y a des gravillons".

Va pour les gravillons dans le noir et sous la pluie (ça ce n'est de la faute de personne). Mais je m'enlise... il me faut l'aide de mon mari pour me diriger difficilement vers une porte. .. mais, surprise, je me trouve devant une marche (pas très haute mais mon fauteuil ne saura pas la franchir). Il faut donc sortir la rampe de la voiture. Puis je traverse sans problème une terrasse. Reste à franchir le rail de la porte vers la salle ou tout le monde nous attend. Là aussi, problème de franchissement : il faut que je prenne mon élan et le bond que je fais les surprend tous. Aucun n'imaginait cette "galère".

La réunion commence mais très vite une question me traverse l'esprit : où sont les toilettes... Eh bien oui, bien sûr en haut des 2 marches... ! Mon mari n'aura plus qu'à aller chercher à nouveau la rampe dans la voiture (heureusement la place ne manque pas pour l'installer et les toilettes sont spacieuses et bien équipées).

En tous cas, l'auditoire inexpérimenté quant au handicap aura eu les travaux pratiques avant la "conférence". Démonstration édifiante.

Merci a mon mari : pour lui aussi l'accessibilité simplifierait la vie.

Mawa