01/02/2013

La société du mépris

Axel HONNET est un philosophe allemand né en 1949. Il a écrit La société du mépris en 2006

Sa question : comment établir une relation vraie à autrui, à soi-même et au monde ?

Une partie de sa réponse : en apprenant à « reconnaître » autrui et à le respecter.

Sa théorie est que l’évolution du  capitalisme conduit la société dans une direction où les conditions du respect et de l’estime de soi risquent d’être bafouées. Il veut donner à sa philosophie l’objectif de diagnostiquer les pathologies sociales qui nuisent aux conditions d’une « vie réussie ». On peut parler de philosophie de l’éthique.

Le capitalisme est fondé sur l’idée qu’une société c’est-à-dire une collection d’individus est motivée par le seul calcul rationnel de leurs intérêts et la volonté de « se faire une place au soleil ». Ce système est aveugle aux attentes morales insatisfaites. Ces attentes morales sont inhérentes au « social » et le social est étranger au capitalisme.

Axel HONNET propose de comprendre les insatisfactions et confrontations sociales sur le modèle d’une « lutte pour la reconnaissance » en distinguant trois sphères de reconnaissance auxquelles correspondent trois types de relation à soi.

                1 – la sphère de l’amour qui touche aux liens affectifs unissant une personne à un groupe restreint. Seule la solidité et la réciprocité de ces liens confèrent à l’individu cette confiance en soi sans laquelle il ne pourra participer avec assurance à la vie publique.

                2 – la sphère juridico-politique : c’est parce qu’un individu est reconnu comme un sujet universel, porteur de droits et de devoirs, qu’il peut comprendre ses actes comme une manifestation – respectée par tous - de sa propre autonomie. La reconnaissance juridique est indispensable à l’acquisition du respect de soi.

                3 – la sphère de l’estime sociale : pour parvenir à une relation ininterrompue (non morcelée ou schizophrénique) avec eux-mêmes, les humains doivent jouir d’une considération sociale qui rendent positives à leurs yeux leurs qualités particulières, leurs capacités concrètes, certaines valeurs venant de leur identité culturelle, c’est ce qu’on appelle le sentiment de sa propre valeur.

Si l’une des trois sphères de reconnaissance fait défaut l’offense sera vécue comme une atteinte menaçant de ruiner l’identité de l’individu tout entier.

 

Synthèse d’une interview de A. Honnet paru dans « Philosophie magazine », 2006  Jamis B.

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